Basket: le nouveau sélectionneur de la RDC veut relancer la dynamique des Léopards
RFI: Gaëtan Douet, votre aventure avec les Léopards commence d’abord en 2024 comme assistant de l’équipe. Comment s’était présentée cette opportunité ?
Gaëtan Douet: Avant moi, le sélectionneur était Thomas Drouot, avec qui j’avais travaillé en France. Il n’était plus disponible pour des raisons familiales. Son successeur (NDLR : Michel Perrin) cherchait un assistant mais n’avait pas de contacts correspondant au profil souhaité. Le manager a donc appelé Thomas, qui lui a dit que s’il était encore sélectionneur, il me prendrait. C’est comme ça que le manager m’a contacté, quelques semaines avant ma première fenêtre au Sénégal.
Après ces deux ans en tant qu’assistant, en juillet 2026 vous recevez la proposition pour devenir sélectionneur. Est-ce que vous avez hésité à accepter ce rôle ?
Non, pas du tout. Quand le président de la Fédération m’a appelé, j’ai pris ma décision très vite. C’est un immense honneur d’être sélectionneur d’une équipe nationale, de représenter un pays et de participer à quelque chose de très grand.
Comment cumule-t-on le rôle d’assistant en club à Cholet Basket et celui de sélectionneur d’une nation ?
D’abord, Cholet Basket accepte mon absence. On a repris les entraînements le 10 août : j’ai fait la première semaine, puis je suis parti deux semaines. Le club est bien organisé, nous sommes trois assistants, ce qui permet de se répartir mes missions en mon absence. Ensuite, c’est une question d’anticipation : j’ai préparé en amont les rapports, le scouting des adversaires et les informations nécessaires pour que le staff ait tout à disposition pendant que je suis avec la sélection.
La préparation avec la RDC a commencé le 17 août dernier. Il reste six matchs, pour les qualifications à la prochaine Coupe du monde. Avec trois défaites de retard sur le deuxième, c’est mission impossible….
C’est une mission compliquée, on part de loin. Mais mathématiquement, rien n’est impossible. On croit à nos chances. J’ai appelé tous les joueurs individuellement pour leur présenter le projet : relancer une dynamique, gagner le plus de matchs possibles. Si on va jusqu’à la Coupe du monde, ce sera une très belle histoire. Si on échoue mais qu’on se bat jusqu’au bout, ce sera déjà une histoire positive.
À Cholet Basket, Fabrice Lefrançois, l’entraîneur, a une vision avec beaucoup de rotations et d’intensité. Est-ce un style que vous voulez reproduire avec le Congo, ou avez-vous votre propre façon de faire ?
Sur la philosophie de jeu, il y a des points communs entre Fabrice et moi. Mais on s’adapte à l’effectif. À Cholet, le recrutement est pensé pour que tout le monde puisse avoir un temps de jeu important avec un niveau assez homogène. En équipe nationale, ce n’est pas toujours le cas : par exemple, notre meneur est de niveau EuroLeague, je n’ai pas forcément un remplaçant du même niveau derrière lui. Les différences de temps de jeu sont donc plus marquées que dans un club comme Cholet.
Un mot sur vos adversaires dans ces qualifications : l’Angola, champion d’Afrique que vous croisez ce jeudi 27 août, et le Mali, vice-champion…
L’Angola a des similitudes avec le Congo : des intérieurs de très haut niveau, certains en EuroLeague, et une équipe solide. Leur meneur, Childe Dundao, est la star du pays : petit mais très rapide, agile, agressif. Ce sont des adversaires très compliqués à jouer. Le Mali, on le connaît bien. On les a battus lors de ma première fenêtre au Sénégal, puis au Maroc, et en match amical avant l’Afrobasket. C’est une très belle équipe en progression, issue d’une génération finaliste de la Coupe du monde U19. Ils ont deux intérieurs de très bon niveau et un meneur, Kanouté, qui joue en deuxième division en France, très explosif, un peu dans le profil de l’Angolais Dundao.